Les aventures de Raymond, le vercorinard bénévole en Haïti

Les aventures de Raymond, le vercorinard bénévole en Haïti

Le destin est ce qui nous arrive au moment où on ne s’y attend pas.

Aujourd’hui Vercorin News a envie de vous faire un cadeau de Noël avant l’heure en laissant la place à un vercorinard pure souche, Raymond Caloz. Il va vous raconter son aventure en Haïti et vous proposera concrètement de l’aider à la continuer. Mais laissons lui la parole!

Je suis bien d’accord avec cette citation de Tahar Ben Jelloun. Le destin m’a amené bien loin de Vercorin où je pensais jouir paisiblement de ma retraite. Dans mon cas, c’est l’amitié qui a provoqué des enchaînements de circonstances aussi heureux qu’imprévus. Mon amitié avec Mica de Verteuil, chez qui je suis aujourd’hui bénévole administratif à la Fondation Paradis des Indiens aux Abricots en Haïti pendant une bonne partie de l’année.

En 1968 nous sommes alors au Québec et ma femme Danièle est enseignante à l’école secondaire Saint-Thomas à Pointe-Claire en banlieue de Montréal. Mica y enseigne aussi et elles sympathisent tout de suite. Leurs rapports débordent promptement du cadre professionnel et nos deux familles deviennent amies. Mica supporte gaiement nos habitudes suisses et nous sommes déjà séduits par le petit coin d’Haïti – avec plantes luxuriantes et singe tyrannique ! – qu’elle a recréé dans sa maison.

Puis, en famille, nous partons vers de nouvelles carrières en Ontario et notre amitié avec Mica devient une relation à longue distance. Quelques années plus tard Mica et son mari Patrick quittent eux aussi Montréal pour s’installer en Haïti aux Abricots, une belle région très isolée à la pointe ouest de l’île, qui donne sur Cuba. Mica désire y ouvrir une école gratuite pour ceux qui ne peuvent pas y aller autrement. Avec fascination, nous observons sa lente mais inexorable mise au monde des diverses œuvres de sa Fondation, une brassée d’initiatives éducatives et économiques qu’elle gère allègrement malgré les épuisantes recherches de fonds.

Aujourd’hui la Fondation comprend 11 écoles établies un peu partout aux Abricots et dans l’arrière-pays, avec 3000 élèves, des ateliers de fabrication d’artisanat, de nappes, de farine de fruits séchés et de miel et bien d’autres initiatives. Durant toutes ces années, la distance entre Mica et nous a augmenté mais l’amitié dure, nourrie de rencontres occasionnelles. Puis je prends ma retraite de président de Panalpina, une compagnie de logistique en transport international, et je m’établis à Vercorin. Je renoue avec ma famille proche et élargie et m’embarque avec enthousiasme dans un intense programme de golf. Tout va bien, vive le bon vin et l’amitié !

Mais, il y a maintenant presque quatre ans, le destin se manifeste : lors d’une rencontre avec Mica à Perpignan, celle-ci, veuve récente de son mari qui l’épaulait énormément, manifeste son désarroi. Elle se retrouve seule et isolée, ses œuvres ont maintenant une importante envergure et la bureaucratie en est lourde. De plus, c’est la tendance, les exigences des divers donateurs à la Fondation deviennent de plus en plus pointues au niveau des détails administratifs. Tout ceci m’intéresse, bien sûr.

En quatre jours, Mica réussit à me persuader de venir lui donner un coup de main. Je m’engage à venir aux Abricots pour deux mois… Trois ans et demi plus tard, me voilà toujours à la tâche ! Les séjours à Vercorin sont encore nombreux et appréciés, mais bien plus courts.

Puis je me rends compte que la population de la région des Abricots, que je côtoie quotidiennement, surtout  dans les « mornes » de l’arrière-pays, est oubliée de tous au point de vue santé. Et au gré des visites, des contacts et des amitiés se nouent, qui me font saisir encore mieux la situation. De là mon initiative personnelle : la construction d’un modeste Centre de santé à Roche Pierre, à 2 h 1/2 à pied des Abricots et l’engagement d’une infirmière dès le début, qui reçoit ses patients dans des abris provisoires en attendant que les locaux soient terminés.

Je me rends compte que la gestion de ce Centre est maintenant une lourde responsabilité, et que son financement dépend de la générosité d’autrui. Mais il ne m’était pas possible de ne rien faire!

Raymond Caloz, Vercorin

P.S. Si vous voulez en savoir plus ou participer à ce projet en devenant membre de l’Association des amis du Centre Roche Pierre, contactez danielecaloz@mediatique.ca.

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